École de yoga d'évian

Yoga de l'énergie

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Durant le stage d’été du 15 au 21 juillet 2018, nous avons le grand honneur de recevoir Swami Veetamohananda qui donnera des enseignements sous forme de conférences, de pratiques de méditations et de mantras.

Swami Veetamohananda

né dans une famille spirituelle fut attiré par l’excellence des services rendus par la Mission Ramakrishna ainsi que par la manière dont Sri Ramakrishna, la sainte Mère et Vivekananda ont expliqué la philosophie du Vedanta. C’est cette attirance qui l’a amené à consacrer toute sa vie à la réalisation de soi et au service de l’humanité.
Dès son plus jeune âge, il intégra la Mission et se voua à l’étude du Vedanta, de la méditation, de la prière, du yoga intégral.
Le Swami a travaillé dans des domaines variés à Chennai où il est devenu novice en 1961. Les novices doivent se soumettre à la stricte discipline des yogas pendant neuf ans. (Karma yoga, bhakti yoga, raja yoga et jnana yoga.) L’étude de divers textes sanscrits ainsi que des textes sur Ramakrishna, la Sainte Mère et Swami Vivekananda faisaient partie de la discipline.
Le Swami a étudié la musique classique indienne. Son talent musical s’exprime particulièrement bien dans les mantras chantés et les chants dévotionnels.
Ordonné en 1971 comme moine de Ramakrishna, l’attirance de Swami Veetamohananda pour les Himalaya le porta vers les sommets montagneux pour la pratique intense de la méditation, de la prière. Ceci l’entraîna à travailler dans n’importe quelle condition partout dans le monde.
En 1994, Swami Veetamohananda prend la direction du Centre Védantique Ramakrishna Gretz France.
Il est membre du comité inter-religieux monastique (DIM) et il participe régulièrement aux différents programmes pour la paix et l’harmonie dans le monde.


Tous les matins de 7h00 à 8h00 : Chants méditatifs accompagnés de l’harmonium.
Tous les soirs de 18h15 à 19h00 : Chants méditatifs accompagnés de l’harmonium.
Tous les soirs de 20h15 à 21h30 : Conférences sur le Mahabharata.

Pratique de la Méditation


C’est par la méditation que l’homme retrouve la conscience, qu’il devient le maître de sa vie, échappe aux pulsions inconscientes et se dirige vers le but qu’il a choisi.
La méditation renforce la volonté en la délivrant de l’emprise des instincts et en réunissant, par la concentration, ses pouvoirs dispersés.

Conférences : Le Mahabharata


Le Mahabharata est un grand fleuve de la vie qui est universel et qui concerne chaque être. Ne laissons pas ce grand fleuve couler naturellement car il va à la destruction comme nous le remarquons dans le monde. Nous devons être fermement reliés à la loi naturelle, cosmique (dharma) et ainsi l’énergie psycho-physique va se développer selon cette loi. L’amour pur, l’intelligence, la connaissance, la concentration et l’efficacité dans l’action sont importants pour la vie progressive. Cette façon de conduire sa vie exprime la beauté et la grandeur de la vie.

  • Lundi 16 juillet  : Mahabharata, épopée socio familiale
  • Mardi 17 juillet : L’unité de la famille
  • Mercredi 18 juillet : La liberté individuelle, comment et pourquoi ?

Pratique du Mantra Yoga



MANTRA YOGA
OU YOGA PAR LA RÉPÉTITION DU MANTRA

La pratique spirituelle qui nous permet de nous unir à l’Infini ou au Suprême à l’aide d’un mantra — nom sacré — peut être appelée, dans un sens général, mantra yoga. Qu’est-ce que le mantra ? Le ou les mots qui nomment l’Infini ou Dieu. Que l’Infini ou le Suprême ou Dieu soit sans forme ou avec forme, avec ou sans attributs, il peut être désigné par un ensemble de mots. Cet ensemble de mots, c’est le mantra.
OM est le mot le plus sacré des Védas. Il est considéré comme faisant un avec Brahman — la Réalité personnelle ou impersonnelle la plus élevée — et c’est aussi le moyen de réaliser Brahman. OM est le Logos ; le mot indifférencié à partir duquel tout l’univers manifesté a été créé.
Les Oupanishads font mention de courtes phrases appelées mahavakyas — c’est –à-dire de grandes paroles — qui sont considérées comme des mantras par les adeptes du Vedanta advaïtiste. Pour n’en citer que quelques uns : Aham Brahmasmi (Je suis Brahman), et Tat Tvam Asi ( Tu es Cela).
D’après les anciennes traditions spirituelles de l’Inde, le mantra n’est pas fabriqué arbitrairement par l’homme, mais est révélé au voyant au cœur pur. La méditation sur Dieu avec l’aide du mantra est très répandue dans la religion hindoue. Cela est dû à la croyance fondamentale proclamée dans les Védas et autres écritures sacrée selon laquelle le nom Nama n’est pas différent de ce qui est nommé nami
Brahman est décrit comme la Parole Suprême — Shabda Brahman. C’est de ce concept qu’a jailli le profond respect envers le Saint Nom.
La Taittiriya Upanishad déclare : « OM est l’équivalent de Brahman. » Cette déclaration se retrouve dans de nombreux livres sacrés de l’Inde.
Un chercheur spirituel répète inlassablement le nom sacré et gagne invariablement une grande ferveur par la répétition efficace de ce nom. C’est le premier pas dans la pratique du yoga.
Le principe déjà énoncé est que le mantra « fait corps » ou « fait un » avec l’ishta , l’Idéal choisi qui peut être une incarnation divine ou l’Etre Suprême. Au début, c’est un concept difficile à comprendre. Mais si l’aspirant spirituel peut pratiquer le japa, c’est à dire la répétition du mantra, il lui suffira de se rappeler que le mantra est étroitement relié au pouvoir de la conscience divine. L’aspirant devrait se souvenir que le nom sacré transmet des vibrations au corps-mental. Cette vibration n’est pas comparable à une énergie matérielle telle que le magnétisme , la chaleur ou l’électricité. Elle est produite par la puissance du divin.
Le chercheur spirituel fait progressivement coïncider la vibration du mantra avec le mouvement du Prana, ou force vitale. Il commence à faire l’expérience de l’unification des deux mouvements . Cela mène à une expérience d’un niveau plus élevé où il prend conscience que le prana et la répétition du mantra ne sont qu’un. Le japa a alors été transféré de la langue ou de la gorge dans le principe de vie qui opère dans le corps. Chaque respiration devient une vibration du mantra. Il résulte de cette pratique une respiration très harmonieuse . Ce qui est atteint par la pratique du Pranayama dans le Raja Yoga , le yoga de la concentration et de la méditation, est accompli de façon plus satisfaisante à ce stade du mantra yoga.
Si la répétition du mantra est dirigée vers les cinq organes des sens — les yeux, les oreilles, les narines, la langue, la peau — ces organes deviennent raffinés et les cinq perceptions qui leur correspondent — la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher — se purifient. Nous savons que les objets des sens ne cessent d’extérioriser le mental , entraînant la distraction, l’agitation et la souffrance. Lorsque les organes des sens sont davantage imprégnés de Satva , c’est à dire de pureté et de calme, cet état des choses change. Alors, rien de ce que nous expérimenterons à travers les sens n’agitera notre esprit. Nous pouvons lire dans la Gita : « L’homme qui est parvenu à contrôler ses sens peut sans risque côtoyer la luxure et la jalousie ; il est libre de l’attraction et de la répulsion. Il a atteint la sérénité »
Cette sérénité peut être obtenue par la pratique du mantra yoga. D’une certaine manière, cette pratique est plus efficace que les efforts que nous pourrions faire pour contrôler directement les sens. Si l’amour de Dieu ou la connaissance de soi sont le but ultime de la vie , alors la purification du corps et des sens est essentielle. Cette purification est aisément obtenue par le mantra yoga.
Comme les sens de perception, le sens de l’action peut aussi être purifié par le mantra yoga. Si nous poursuivons le japa pendant nos activités physiques : en marchant, en travaillant, en jardinant, en balayant, etc…alors, tous les organes physiques peuvent s’en trouver transformés. L’aspirant spirituel commence petit à petit à sentir une vibration spirituelle s’emparer de ses organes.
Le stade suivant consiste à « superposer » le mantra aux vagues du mental. Des pensées et des émotions s’élèvent constamment dans le mental. Il est bien sûr difficile de les faire cesser. Dans la Bhagavad Gita , Arjuna parle de ce problème à Sri Krishna qui répond : « Certainement, O Arjuna , le mental est agité et difficile à contrôler. Mais il peut être maîtrisé par la pratique constante et l’entraînement au détachement. (6. 35)
Quand le corps, les sens, le prana et l’esprit deviennent imprégnés de satva par la pratique du mantra yoga, il est temps de purifier tous les objets et phénomènes extérieurs qui nous entourent. Cela est possible et nécessaire. Le ciel infini, au-dessus de nous, paraît matériel à notre vision ordinaire. Mais lorsque vous regardez le ciel et le reliez au divin à travers la répétition silencieuse du mantra, l’espace matériel change d’apparence. Le but du mantra qui désigne la conscience divine au moyen du son, percera pour ainsi dire à travers le ciel. Le ciel ressemblera à un châle posé sur le corps cosmique de Dieu. De la même façon, la lune, le soleil et les étoiles, les arbres, les arbustes, les fleurs, les ruisseaux, les forêts, les collines, les déserts et aussi les êtres vivant sur terre ou dans l’eau, et tout ce qui fait partie de l’univers peut être purifié par le mantra et être ressenti comme faisant partie du corps cosmique de Satchidananda — Existence absolue, Connaissance absolue et Béatitude absolue.
A l’étape suivante du mantra yoga, il n’est plus nécessaire de diriger le mantra vers les objets. Cela est transcendé. Maintenant, le mantra doit être identifié à l’Ishta, l’Idéal choisi pour la personnification de Dieu. Cette compréhension devrait se renforcer avec la répétition du mantra. La forme de l’Idéal choisi ou l’idée impersonnelle de Dieu devrait être présente à l’esprit.
Avec la pratique, le mantra et l’Ishta , avec ou sans forme, seront de plus en plus unis. Mantra Chaitanya, c’est-à-dire la conscience du divin que renferme le mantra sera alors réveillée. On saura avec certitude que le mantra et Dieu ne font qu’un. Le cœur sera rempli de joie et de paix.
Peu à peu, on sentira que le mantra en tant que Shabda-Brahman , Brahman en tant que Son, émane du cœur même de l’univers, le cœur du méditant est devenu, si l’on peut dire, un avec le cœur de l’univers. De plus, chaque objet et événement du cosmos seront établis et fonctionneront dans la grande réalité qu’est le mantra.
A ce stade du mantra yoga, le mot est de plus en plus synonyme de conscience. Le mantra est ressenti comme étant la lumière radieuse de la conscience. Cette lumière se répand dans le principe de vie et le mental, inondant le cœur d’une paix sans limites. Pour un aspirant spirituel sur le chemin de la dévotion, la forme de l’Ishta représente la lumière de la conscience. L’amour du méditant pour l’Ishta s’intensifie énormément. Sur le chemin de jnana – la connaissance – le mantra révèle la réalité la plus profonde du Soi, claire comme de l’eau de roche. Mantra Chaitanya, la conscience divine du mantra et Atman Chaitanya, la conscience divine de l’Atman, ne font plus qu’un.
Quand le mantra s’est transformé en conscience, tout l’univers est expérimenté en tant que conscience issue de la conscience du mantra. Les cinq bhutas - éléments de base qui comprennent cet univers – et tout ce qui en résulte, ne sont plus que l’émanation de la conscience. Les déclarations des Upanishads selon lesquelles Brahman ou l’Atman englobe tout : « Tout est Brahman. » « Tout est Atman » ( Chandogya Upanishad 3. 14.1 et 7. 25.2) deviennent réelles pour l’aspirant spirituel qui pratique le mantra yoga. Alors, il n’y a plus à proprement parler de répétition du mantra. Le mantra n’est plus un mot ou une formule, mais fait un avec Satchidananda, Dieu en tant qu’existence, connaissance, béatitudes infinies.
Le mantra, Shabda-Brahman, se révèle continuellement dans toute sa gloire. La troisième étape ou étape finale est le point culminant de cette gloire. Le corps, le mental et prana sont des expressions du mantra chaitanya ; il en est de même de cet univers.
Il n’y a rien d’autre que le mantra en tant que conscience ; conscience dans ce qui est loin, dans ce qui est proche, très proche. Comme si une gigantesque inondation avait tout englouti, comme si tous les noms et toutes les formes étaient noyés dans un vaste torrent de conscience. A ce stade, il est possible de percevoir les contraires tels que grand et petit, grossier et raffiné, extérieur et intérieur, avant et après etc…Tant que l’expérience sublime de la conscience qui envahit tout n’est pas atteinte, nous pouvons utiliser ces termes associés à l’espace et au temps. Dans la conscience, il n’y a ni espace ni temps. L’espace et le temps jaillissent de la conscience. Quand la conscience est réalisée en tant que Suprême, le temps et l’espace se fondent dans la conscience.
Pouvons-nous alors traduire en mots cette gloire suprême de Shabda Brahman ? Non. Il est dit dans la Taittiriya Upanishad : « Une fois que les mots et le mental se taisent, c’est la Suprême Béatitude de Brahman. Celui qui sait cela est libéré de la peur. »2.9
De plus, à ce stade ultime de Shabda-Brahman, les mots sont vides de sens, les formes sans formes, et toute la multiplicité s’est unifiée dans la conscience établie dans cette gloire transcendante qui se trouve au-delà du mental et de la parole. Le chercheur est devenu muet, son mental s’est tu.
En nous « cramponnant » avec foi et amour à l’Ishta mantra – nom sacré reçu du gourou – et en expérimentant pas à pas les révélations du mantra, nous pouvons sûrement atteindre cet ultime but de notre vie spirituelle tel qu’il est annoncé dans le Védanta.

Swami Veetamohananda
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